Préparer et mieux comprendre la messe

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Introduction

Ce document est une présentation succincte de la messe pour mieux la comprendre dans le but de mieux la préparer pour notre communauté.
Pour commencer une préparation de messe, écoutons d’abord ce que Dieu a à nous dire pour ce jour-là en particulier. Ensuite reprenons le déroulement de la messe en choisissant les chants et terminons par écrire les prières universelles.

Pourquoi allons-nous à la messe ?

Pour répondre à l’invitation du Christ !
Rappelons-nous que le dimanche est le jour que Dieu choisit et consacre pour nous révéler son visage en son Fils ressuscité.

4 temps et 2 tables

4 temps composent la messe : l’accueil, le temps de la Parole, le temps de l’eucharistie, et l’envoi.

Elle s’articule autour de deux « tables » :

  • La table de l’eucharistie (autel) où le pain et le vin deviennent le corps et le sang de Jésus
  • La table de la parole (ambon) par laquelle nous sommes aussi nourris (« l’homme ne se nourrit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu »)

Pour manifester l’importance équivalente de ces 2 tables, l’autel et l’ambon sont en général construits dans le même matériau.

A Saint Joseph, lorsque vous regardez le chœur depuis l’assemblée, l’ambon est le pupitre de gauche.

La Parole

Lue à l’ambon

Les textes sont lus à l’ambon, pour signifier qu’ils sont Parole de Dieu. En proclamant le texte, le lecteur le rend « vivant », et nous le recevons (nous lisons sur le lectionnaire déjà présent à l’ambon et laissons sur nos bancs les feuilles volantes, les Prions en Eglise ou Magnificat).

Evangile

Signifie bonne nouvelle, qui nous met debout (se mettre debout = ressusciter en grec) > on se lève pour écouter l’évangile.
Chaque année, on lit un évangile différent : évangile de Saint Matthieu en année A, de Saint Marc en année B, de Saint Luc en année C. L’évangile de Saint Jean structure le temps pascal et d’autres fêtes. (cf. annexe en fin de document)

L’évangile raconte l’histoire de Jésus : il éclaire l’Ancien Testament ; Jésus vient accomplir les écritures. C’est lui qui nous donne le sens de l’ensemble des textes du jour.
Pour le comprendre, on peut aussi voir dans quel moment liturgique on se trouve. Pourquoi ce texte pendant le temps de l’Avent, du Carême, la fête du Christ roi de l’univers, etc…

Deuxième lecture

Il s’agit souvent d’un commentaire, d’une explication ou de conseils donnés par un apôtre (Paul, Pierre, Jacques, Jean…) aux premières communautés. Elles se posent des questions sur la manière de vivre en chrétiens, ce qui était complétement nouveau. Et ces conseils nous sont aussi utiles aujourd’hui!

Première lecture

Tirée de l’Ancien Testament : l’évangile va nous aider à entrer dans ce texte. Bien remettre le texte dans son contexte : de quoi s’agit-il, mais aussi pourquoi l’auteur l’a-t-il écrit ? Regarder les notes de bas de page dans notre Bible, elles donnent notamment des éclairages historiques.

Particularité : entre Pâques et la Pentecôte (50 jours pour se réjouir, après 40 jours de difficiles préparatifs !) on lit les Actes des Apôtres : les apôtres ont reçu le Saint-Esprit et témoignent avec fougue. C’est le début de l’Eglise.

Psaume

A l’origine il s’agit d’un chant. Paroles poétiques, imagées, assez fortes, qui s’adressent souvent à Dieu de manière très directe.
Jésus lui-même a prié avec les psaumes (cf « mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? sur la croix – psaume 22 »).

Prière universelle

Après l’homélie, le prêtre nous a invités à nous lever pour confesser notre foi (Credo : « je crois en Dieu ou je crois en un seul Dieu…). Ensuite, il nous a introduits à un temps de prière pas comme les autres : la prière universelle.
Pourquoi ? Elle signifie le rôle majeur de l’assemblée que nous formons le dimanche. La messe n’est pas monologue mais dialogue.

Nous sommes donc invités à prendre la parole, à répondre à la Parole de Dieu que nous venons de recevoir dans la foi.

Elle fait aussi partie de la liturgie de la Parole. Lue a l’ambon, elle manifeste que, à notre tour, à la suite des prophètes, des disciples du Christ, nous annonçons nous aussi la parole de Dieu. Dieu passe par notre bouche pour parler aux hommes !

Elle est universelle. Intentions présentées à Dieu, on se préoccupe d’abord des autres, de qui n’est pas « nous ». C’est à quelque chose de plus vaste, d’universel, que nous avons été conviés. C’est donc un nous relié à l’universel.

En général, elle se compose de 4 intentions :

  • pour l’Eglise,
  • pour ceux détiennent l’autorité publique,
  • pour ceux qui souffrent,
  • pour tous les hommes et le salut du monde entier.

Le prêtre conclue la prière universelle par une oraison. Ensuite l’assemblée est invitée à s’asseoir. Les lecteurs peuvent revenir à leur place à ce moment-là (et pas avant). En quittant l’ambon, ils marquent la fin du temps de la Parole.

1. Temps de l’accueil

Le chant d’entrée

Il manifeste le peuple en marche qui se rassemble pour célébrer son Dieu. Le chant peut signifier cette marche avec un chant à deux temps.
Le Christ est aussi présent dans le peuple qui est son corps (« vous êtes le corps du Christ »).
On se lève pour signifier notre attitude de marche vers le Seigneur ; parce que se lever est signe de résurrection et que nous venons a la messe pour vivre.

Le temps de l’accueil fonctionne comme un « sas » entre notre vie quotidienne et la messe. Il nous permet de déposer nos préoccupations, de souffler, de nous tourner vers le Seigneur, de nous rendre présent a ce qui va se passer.
Pour cela, nous prenons conscience de tout ce qui nous encombre et nous empêche de nous rapprocher de Jésus: nous demandons pardon.

Kyrie : Seigneur prends pitié

On le dit 3 fois : 3, dans la Bible, manifeste ce qui est accompli, ce qui est avéré (Jésus est mort et ressuscité le 3eme jour = il est vraiment mort.)
Certains Kyrie ont des couplets. Il s’agit de décrire l’action de Jésus qui vient nous sauver, et non pas de détailler nos péchés. Sans doute dans l’optique de nous orienter vers le Christ sauveur ?

L’Église commença à adopter cette invocation en faveur des catéchumènes et des pénitents, qui sont les aveugles et les lépreux spirituels. Le diacre énonçait à haute voix une série de demandes en leur faveur, et après chacune de ces demandes, un chœur d’enfants disait « Kyrie, eleison », et le peuple tout d’une voix répétait les mêmes paroles.
Le Kyrie catholique marquait primitivement la fin des litanies de la procession et le début de la messe.

Particularité : le prêtre peut choisir à certaines occasions (uniquement le dimanche) de procéder à une aspertion. Dans ce cas, l’assemblée ne chantera pas de Kyrie et ne récitera pas de “je confesse à Dieu”. L’aspersion tient lieu de rite penitential.
Pourquoi ? Il constitue la reprise d’un rite de la Vigile pascale et se veut être un rappel de notre baptême.

Gloria : chantons la Gloire de Dieu

Le Seigneur fait pour nous des merveilles, son amour est tout puissant.
Particularité : pas de gloria pendant l’Avent et le Carême pour le « réserver » et redécouvrir la joie de le chanter à Noel et à Pâques, avec les anges !

Le Gloria se déroule d’une traite sans être interrompu par un refrain. Chant au début et à la fin seulement. Le Gloria, ou Gloire à Dieu, est une prière , également appelée « grande Doxologie ». C’est un chant de louange. Après avoir demandé pardon, les chrétiens exultent de joie dans le Seigneur, car sa miséricorde est infinie. On peut faire retentir orgues et trompettes ! Il est déjà un peu long, donc on ne le coupe pas (idem Notre Père).

2. Temps de la parole

Les lectures

On s’assoit pour mieux écouter la parole que le Seigneur veut nous dire aujourd’hui. Comme Jésus qui enseigne à ses disciples et les fait s’asseoir. Nous sommes disposes à écouter.

  • 1ere lecture
  • Psaume
  • 2eme lecture

Alléluia : debout, le corps prêt à entendre des écritures s’appuyant sur plus de 2000 ans d’histoire, nous accomplissons ce qu’il y a de plus difficile à faire dans la vie d’un être humain : écouter. Ecouter un autre, ici Dieu, nous parler.

Des cierges entourent le livre (la Parole de Dieu illumine notre vie). Parfois de l’encens ajoute à la solennité du moment : ces écritures sont Saintes.
Petite phrase, lue au pupitre, par quelqu’un d’autre que le prêtre, qui rappelle la voix de Jean-Baptiste qui annonce la venue de Jésus. L’animateur de chant ou une autre personne la lit entre les alleluia.
Alléluia.

Particularité : L’alléluia est omis pendant le temps du carême. Pourquoi ?
Vous l’avez surement remarqué le carême a ceci de particulier que mot alléluia n’apparaît plus dans liturgie, même l’acclamation de l’Evangile est remplacée par un chant de louange. Pourquoi ?
Ce mot hébreux, présent 24 fois dans la bible hébraïque, peut se traduire par « louez Dieu ! ». Chez les chrétiens, l’alléluia est devenu l’acclamation par excellence du Christ ressuscité. Le cri joyeux qui accompagne l’incroyable Nouvelle de sa résurrection.
Pendant le carême, temps de préparation à Pâques, de pénitence et d’attente de la rencontre du Ressuscité, la joie de l’Eglise se fait plus intérieure, comme suspendue. Ainsi, nous n’entendrons plus l’Alléluia avant la veillée de Pâques, où il prendra une saveur toute particulière, celle de ce dont on a été privé trop longtemps !

Evangile – Un geste accompagne la Parole : du pouce, on se signe de la croix :

  • sur le front pour que l’évangile pénètre mon intelligence
  • sur la bouche : pour que je le proclame
  • sur le Coeur pour que j’en vive en aimant.

Homélie

L’homélie vise à nous expliquer les textes.
Un peu comme quand on offre un cadeau, et que l’on explique pourquoi on l’a choisi, ce qu’il signifie, nous pouvons maintenant recevoir le cadeau que le Seigneur veut nous faire par le sacrement de l’Eucharistie.
Elle est un prolongement des textes sacrés et do

Credo

Nous redisons notre foi. Chaque sacrement se fonde sur notre foi (cf Jésus qui guérit, pardonne : « ta foi t’a sauvé »). Nous nous appuyons les uns sur les autres. Même si nous ne sommes pas a 100% sûrs de notre foi, nous pouvons compter sur la foi de l’Eglise, alors n’hésitons pas à proclamer le credo. Et bien sûr, nous cherchons à mieux comprendre ce credo, et nous avons toute notre vie pour avancer.
Pour qu’un sacrement soit efficace, il faut qu’il soit enraciné dans la foi : pour chaque sacrement, on a geste/ parole + foi = efficacité sacramentelle

Prière universelle

Un petit refrain ou un temps de silence entre chaque intention nous permet de remplir notre office de supplication, au coeur du monde. Car ce sont bien des intentions concrètes, des visages précis d’hommes et de femmes de notre temps qui ont nourri notre prière.

Nous supplions Dieu pour que son règne arrive dans les réalités les plus concrètes de notre monde du XXIème siècle.

3. Temps de l’Eucharistie

L’Eucharistie

C’est le sommet de la messe.
L’attention se tourne vers l’autel. Il symbolise à la fois la pierre du sacrifice et la table du festin.
Sur l’autel, 2 bougies rappellent les disciples d’Emmaüs.

Offertoire

Les offrandes : on apporte le pain et le vin, le prêtre les présente (il les élève) et chacun présente aussi sa vie.
La quête : en donnant un peu d’argent, nous présentons notre travail. Nous déposons nos vies, nos fardeaux, nos soucis, pour que Jésus les transforme.

Goutte d’eau dans le vin (« comme cette eau se mêle au vin pour le sacrifice de toute l’Eglise, que notre humanité soit unie a ta divinité ») : nous, l’humanité, sommes la goutte d’eau dans le vin, qui deviendra le sang du Christ. Nous sommes totalement pris dans ce grand mystère, Jésus nous associe a sa vie divine.

Prière eucharistique

Il y en a plusieurs. Le prêtre choisit celle qui convient le mieux a la messe su jour.
Elle est adressée a Dieu le Père.

Sanctus

Trois fois saint (là aussi, chiffre 3, vraiment saint)
On peut se mettre a genoux en signe d’adoration, de petitesse face a l’immensité de l’amour de Dieu. Un changement de position peut aussi aider a fixer l’attention sur un moment important.

Consécration

Le pain et le vin deviennent réellement le corps et le sang de Jésus.
Jésus se donne tout entier.
Le prêtre agit en la personne du Christ (‘in personna Christi’ et non plus ‘in nomine Christi’): 4ème mode de présence du Christ à la messe ! (rappel : présence du Christ par l’assemblée qui forme son corps ; par sa parole ; par le prêtre à la consécration ; par le pain et le vin devenus corps et sang)

Notre Père

Prière donnée par Jésus lui-même. Nous sommes ensemble, autant que Jésus, enfants du même Père.

Communion

Nous recevons le corps du Christ et nous nous en nourrissons. Il vient dans notre corps et dans notre cœur.

Chant de communion : il nous aide à entrer dans ce mystère et dans un cœur à cœur avec Dieu. En chantant pendant la procession, nous manifestons que nous sommes unis les uns aux autres et formons ensemble le corps du Christ que nous allons recevoir chacun individuellement. Nous faisons corps.

4. Temps de l’envoi

Après nous être nourris de la parole et du corps du Christ, nous sommes envoyés pour en vivre et en témoigner.

Nous avons été transformés comme chaque dimanche et sommes invités à nous disperser à nouveau, porteurs de la présence du Chrsit en ce monde, pour être corps là où nous vivons quotidiennement.

Nous repartons, « le cœur tout brûlant », remplis d’amour, de joie, de paix (même si nous ne nous en rendons pas toujours compte !).

Un chant de sortie n’est pas obligatoire mais de coutume dans notre communauté. Il pourra cette fois-ci être à 3 temps pour témoigner de la joie qui nous habite, de notre transformation et de l’élan qui nous animent.

Pour aller plus loin…

  • Guide Pratique – Pour mieux vivre la messe 36 gestes & paroles à comprendre, Anne-Marie Aitken, xavière, Thierry Lamboley, jésuite, Editions SER, (2014)
  • Rites et paroles de la messe, Jean-Yves Garneau, Editions Médiaspaul (2007)
  • Redécouvrir la messeMichel Scouarnec, Éditions de l’Atelier (2007)
  • Guide pour comprendre la messe, Arnaud Join-Lambert, Editions Mame (2002)
  • La messe, Cardinal Jean-Marie Lustiger, Editions Bayard (2009)
  • Du bon usage de la liturgie, Centre National de Pastorale Liturgique, Editions du Cerf (1999)
  • Présentation Générale du Missel Romain, disponible sur le site du Vatican

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