Thème pastoral 2020-2022: En chemin avec le Christ

Année 2 : Faites tout ce qu’il vous dira. Jean 2, 5


Faites tout ce qu’il vous dira. Jean 2, 5

Evangile de Cana – Jean 2, 1-11

Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.
Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. »
Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »
Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres).
Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l’eau changée en vin.
Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »
Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.


« Faites tout ce qu’il vous dira » – Parole de Marie aux serviteurs 


La parole de Marie s’inscrit dans l’évangile de Cana

Quelques rappels :

  • C’est à Cana que le ministère public de Jésus commence
  • St Jean rapporte la première intervention de Marie dans la vie publique de Jésus et souligne sa coopération à la mission du Fils.
  • La transformation de l’eau en vin au cours du repas est le premier signe/miracle de Jésus que les Écritures nous rapportent. Tout miracle est là pour nous faire grandir dans la foi.
  • Dans la tradition de l’Église, les Noces de Cana est donc le deuxième mystère lumineux – ce sont ceux qui concernent la vie publique du Christ : le baptême de Jésus, les noces de Cana, l’annonce du Royaume, la transfiguration et l’institution de l’Eucharistie.

Explications du texte

Pour bien s’approprier la parole de Marie, il faut revenir au cours échange entre Marie et Jésus.

On manqua de vin. La mère de Jésus lui dit :
« Ils n’ont pas de vin. »
Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. »
Sa mère dit à ceux qui servaient :
« Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Jean2, 3-5

Invités aux Noces avec Jésus, Marie remarque un manque « Ils n’ont pas de vin. » et en fait part à son fils afin de préserver la joie de tous. Par ce constat, Marie lui exprime sa préoccupation pour cette situation, en attendant semble-t-il de lui une intervention résolutive. Elle ne propose pas de se procurer ailleurs le vin nécessaire mais incite son fils à agir. Elle manifeste ainsi le courage de sa foi car, jusque-là, selon les Écritures Jésus n’avait opéré aucun miracle, ni à Nazareth, ni dans sa vie publique.

A l’observation de Marie, Jésus répond « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. ». Marie se contente de pointer du doigt la difficulté des hommes mais Jésus semble lui répondre autre chose…  

Pour comprendre la réponse de Jésus, il faut s’attacher au texte grec qui dit « Quoi à toi et à moi ? » ou « Quoi pour toi et moi ?« . Il s’agit d’un sémitisme, c’est-à-dire d’une expression typique de la langue sémite, probablement l’araméen, parlée par Jésus qui signifie “Qu’y a-t-il entre moi et moi ?”. Le sens habituel de ce terme, qu’on retrouve dans l’Ancien et le Nouveau testament, signifie une différence de vue, une disparité.

A travers l’expression : «Que me veux-tu femme?», Jésus prend distance avec Marie sa mère, l’appelle Femme. Il entend placer la coopération de Marie sur le plan du salut, lui demandant de dépasser son rôle naturel de mère tout en lui expliquant que ce n’est pas encore le moment que Dieu a choisi pour le manifester comme Sauveur « Mon heure n’est pas encore venue ».

Marie se remet complètement à la volonté de Jésus qui est inconnue et dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira », tel est son acte de foi. Quand Jésus stimule ainsi la foi, il veut élever l’autre à un niveau plus élevé. Marie accepte, elle se laisse faire. Elle est la première à être ainsi formée par le Christ.

Ce dialogue nous montre une complicité de la mère et du fils : Jésus entend la demande de sa mère, la replace dans sa mission de Fils de Dieu ce que Marie écoute sans forcément comprendre. Elle s’abstient d’insister et s’adresse au contraire aux serviteurs pour les inviter à lui obéir. Marie à Cana révèle ainsi la vocation de Jésus et devient sa première disciple. Elle est devenue le modèle de tout disciple du Christ, en étant aussi sa mère.

La confiance de Marie est récompensée. Jésus, auquel elle a laissé toute l’initiative, accomplit le miracle.


A l’école de Marie qui nous présente Jésus et nous présente à Jésus


L’acte de foi : désirer

  • Cana : Marie renouvelle sa confiance en Dieu, telle qu’elle l’avait donnée à l’Annonciation

Au moment de l’annonciation, Marie avait répondu à l’Ange Gabriel : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole » Luc 1,38. Par son oui, elle accepte une mission qui la dépasse celle de donner naissance à Jésus, fils de Dieu, Sauveur. En acceptant librement la mission, elle donne concrètement plein pouvoir à Dieu le Père (car c’est le Père qui engendre le Fils depuis toute éternité). C’est la réponse opposée au péché Originel d’Adam et Eve, c’est le rétablissement de la dignité de l’Homme dans l’exercice de sa liberté !

A Cana, Marie se met à l’écoute de Jésus et montre une fois de plus sa disponibilité totale à Dieu. Marie demande les pleins pouvoirs de grâce pour les Hommes – à la suite de son Oui lors de l’Annonciation. Elle intercède pour nous, Marie médiatrice, dans la confiance et ensuite s’adresse à l’ensemble de l’Humanité : « Faites-ce qu’il vous dira ».

Elle est la première à faire ce qui lui était dit : elle peut donc se permettre de transmettre cette parole à d’autres ! Marie est la première à ouvrir la voie et devient la première à montrer la voie.

A la Pentecôte, quand le Père et le Fils envoient leur Esprit qui vient agir dans l’Église naissante, Marie est là, au milieu des apôtres, discrète et efficace présence, qui encourage, soutient et manifeste encore une fois qu’il est bon de « faire tout ce qu’il vous dira ».

  • Marie : modèle de prière de demande et d’intercession

En remarquant une situation délicate et en en parlant à Jésus, Marie nous montre comme c’est bon de demander. Marie n’est pas rabrouée, elle sait qu’elle est légitime à demander, qu’elle a sa place dans la relation. C’est la prière de Marie qui fait des merveilles, auprès de Jésus et auprès des serviteurs qui vont accepter ce que Jésus demande. Elle nous invite constamment à désirer et recevoir tout le bien qui vient de Dieu.

A Cana, Marie nous enseigne à prier : ne pas vouloir affirmer face à Dieu notre volonté et nos désirs, aussi importants et raisonnables qu’ils puissent nous sembler ; mais les présenter devant Lui et le laisser décider de ce qu’il veut faire. C’est la totale disponibilité à la grâce de Dieu. C’est s’abandonner totalement à la volonté divine. C’est concrètement mettre en pratique ce que nous disons dans la prière du Notre Père : « Que ta volonté soit faite » !

Marie va expérimenter pour elle-même que l’obéissance à une parole et un appel de renoncement sont sources de bénédictions. Animée par la confiance, avant même de savoir ce que Jésus va faire, elle peut dire aux serviteurs : « faites ce qu’il vous dira », les appelant ainsi à un comportement de foi aussi inouï que le sien.

Comme une mère prépare le cœur et l’esprit de son enfant lors d’une décision ou d’un évènement important, ainsi Marie prépare le cœur et l’esprit des Serviteurs et aussi des Apôtres, et à travers eux, l’ensemble de l’humanité à accueillir la Parole de son Fils (qui est le « Verbe » fait chair, c’est-à-dire la Parole qui prend chair humaine).

  • Marie, 1ère missionnaire, fait le lien entre les hommes, mère de l’humanité.

Elle voit tout ce qu’il y a de beau dans le lien de Jésus avec les hommes. A la mort de Jésus, elle sait encore que quelque chose de plus grand nous attend. Marie demande les grâces nécessaires pour l’humanité sachant que Dieu comble au-delà de nos propres attentes.

Et dans nos vies cela donne quoi?

Nous pouvons redécouvrir la vie de Jésus à travers le Rosaire, la prière d’oraison, la prière collective (comme celle de Catholic200SG) et personnelle.

  • Qu’est-ce que je désire de Dieu ? 
    Est-ce que je peux reconnaitre mes désirs comblés par Dieu ? Suis-je dans l’écoute des desseins de Dieu pour moi ?
  • Quelles demandes j’adresse au Seigneur ?
  • Quelles sont mes prières ? Mes manières de prier ?

L’introspection : rendre grâce

Marie nous invite à voir comme Dieu nous comble de ses grâces, comble nos attentes, nos désirs. Marie nous guide dans cette disposition à la gratitude.

Et dans nos vies, cela donne quoi ?

  • Relecture de vie / Devoir de s’asseoir

Introspection : Savons nous nommer ce qui est bon ? regarder en nous-même ce qui est beau et ce qui ne l’est pas ? rendre féconde la grâce qui nous a été donnée ? Qu’est ce qui m’émerveille ? Quels actes en découlent ? Par exemple pour Marie après l’Annonciation, elle va concrètement rendre visite à sa cousine Elisabeth et en découle aussi une prière d’action de grâce qui s’appelle : le Magnificat.

  • Dévotion mariale par la méditation des mystères (St Jean Paul II, Père de Montfort …)

Le partage : poser des actes

A la suite de Marie comprendre que quelque chose de toujours plus grand et toujours plus beau nous attend. Le miracle continue et porte du fruit. Dans les Écritures, le miracle présuppose toujours la foi et en même temps il fait grandir cette foi. C’est cette attitude de cheminement dans la foi qui pousse les apôtres à dire à Jésus : « Seigneur, nous croyons en toi, mais augmente en nous la foi ».

Il y a une sorte de dynamique circulaire dans notre vie d’enfants de Dieu, car tout nous vient de Dieu, tout nous est donné pour que nous puissions le faire fructifier et le retourner à Dieu en étant enrichis de toutes nos actions.

En sachant tout de même que Dieu n’attend absolument pas de nous que nous soyons parfaits, car ce serait à la fois de l’aveuglement et de l’orgueil de notre part, mais il attend de nous que nous donnions le meilleur de nous-mêmes avec simplicité, vérité et humilité.

Marie modèle nous invite à partager notre croissance spirituelle, à partager ce qu’on a reçu.

Et dans nos vies, cela donne quoi ?

  • Est-ce que je confie les manques de ce monde à Marie ?
  • Quelles attentions je porte aux autres ?
  • Comment je m’engage : attention aux autres, bienveillance, entraide 

Pour approfondir – liste non exhaustive…


Quelques fondamentaux

Quelques éclairages

Pour les jeunes

Pour les enfants