Entretien avec Sabine, fleuriste pour la CCFS

Mariée et mère de 4 enfants -une fille étudiante en France et trois garçons scolarisés ici-, Sabine est arrivée en famille en août 2020 à Singapour après 18 ans d’expatriation aux Etats-Unis, en Turquie, en Thaïlande et en Chine. Grâce aux conseils de Jacques et Emilie, elle a rapidement pris contact avec la CCFS. Elle est aujourd’hui co-responsable du catéchisme et fleurit ponctuellement la chapelle. 

Comment en es-tu venue à pratiquer la composition de bouquets et plus largement l’art floral ?

Je suis ingénieur agronome de formation. Après 10 ans d’expatriation, j’ai effectué une reconversion. J’ai suivi une formation de fleuriste, par goût mais aussi pour des raisons pratiques ; ce métier peut se pratiquer partout.

Pour toi, quel genre de lieu est le jardin ? Est-il une invitation à la prière ?

Le jardin est pour moi un lieu de détente, de retour aux sources. Il est un lieu de recueillement qui nous met en présence de la beauté de la Création.

Y-a-t-il un jardin qui te touche plus particulièrement et pourquoi ?

Oui, il y en a un que j’ai découvert l’été dernier ; c’est le jardin du Silence, au Carmel du Havre. Ce jardin, conçu en collaboration avec les carmélites et différents artistes, est un havre de paix qui invite au recueillement, au son de l’eau et du vent dans les feuilles.

Le Père Patrick  fait appel à toi pour fleurir la chapelle. Selon toi, quelle est la place de l’art floral dans la liturgie ?

Jean-Paul II apporte une réponse à cette question : « le pain et le vin, l’eau et l’huile, mais aussi l’encens, les cendres, le feu et les fleurs, et presque tous les éléments de la création ont leur place dans la liturgie comme une offrande au Créateur. »
Selon moi, les bouquets ne sont pas là pour être admirés. Ils sont là pour être louange, pour conduire du visible à l’Invisible, le Seigneur Créateur.

Comment appréhendes-tu cet art au service de la liturgie sur les plans matériel et spirituel ?

J’essaie de mettre les fleurs en accord avec les textes du dimanche ou de l’événement fêté, en respectant les symboles de la tradition chrétienne. Je fais de mon mieux pour que le bouquet, – comme les chants et la musique –  soit une aide à la prière ! Je choisis les fleurs en fonction de la couleur du temps liturgique, de leur capacité à résister aux conditions climatiques et des arrivages du jour chez le grossiste.
Je me mets en présence de Dieu en entrant dans la chapelle mais je me sens encore trop peu expérimentée pour laisser une vraie place à la prière lors de la réalisation des compositions.

Quelles sont tes joies dans ce service ?

J’ai eu la joie, jusqu’à présent, de réaliser chacune des compositions en équipe, avec Anne, Aurélie et Emilie. Ces moments passés ensemble à choisir les fleurs puis à les assembler pour créer du “Beau” sont de magnifiques moments de partage.

La Pentecôte approche…Des idées de composition pour cette fête ?

Afin d’être des fleuristes écologiquement responsables, nous avons choisi des fleurs (les orchidées) qui vont décorer la chapelle des célébrations de professions de Foi jusqu’à celles de la Confirmation. Il y aura tout de même quelques changements. A vous de les trouver!