Vendredi : j’approfondis ! La pénitence, une joie à découvrir. Le sacrement de pénitence aujourd’hui. 4b/4

Le sacrement du pardon : la joie du fils prodigue

C’est la possibilité pour tous de retrouver la grâce baptismale et de réparer la communion ecclésiale blessée par le péché, la « seconde planche de salut  après le naufrage qu’est la perte de la grâce »  (Tertullien)

Deux éléments essentiels structurent le sacrement de pénitence : les actes de celui qui se convertit sous l’action de l’Esprit Saint et l’action de Dieu par l’intervention de l’Église. Celle-ci par l’évêque et ses prêtres donne au nom de Jésus-Christ le pardon des péchés, fixe la modalité de la satisfaction, prie pour le pécheur et fait pénitence avec lui.

Le pécheur est alors guéri et rétabli dans la communion ecclésiale par la formule d’absolution :

«  Que Dieu notre Père vous montre sa miséricorde ; par la mort et la résurrection de son Fils, il a réconcilié le monde avec lui et il a envoyé l’Esprit Saint pour la rémission des péchés : par le ministère de l’Église, qu’il vous donne le pardon et la paix. Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, je vous pardonne tous vos péchés ».

Les actes du pénitent

Celui qui se convertit accepte dans son cœur, la contrition, dans sa bouche, la confession et dans son comportement, l’humilité et la satisfaction.

La contrition est « une douleur de l’âme et une détestation du péché commis avec la résolution de ne plus pécher à l’avenir » préparée par l’examen de conscience à la lumière du Décalogue et de la catéchèse morale du Nouveau Testament. L’aveu au prêtre où l’homme regarde en face ses péchés constitue une partie essentielle du sacrement. Les péchés sciemment cachés ne sont pas proposés à la bonté divine. Car  « si le malade rougit de découvrir sa plaie au médecin, la médecine ne soigne pas ce qu’elle ignore » (S. Jérôme). Enfin pour recouvrir la santé spirituelle le pécheur repenti doit « satisfaire » ou «expier »  ses péchés par une pénitence imposée par le confesseur. Car l’absolution enlève le péché, mais ne remédie pas aux désordres causés par le péché. La pénitence nous permet de devenir cohéritiers du Christ « puisque nous souffrons avec lui » (Rm 8, 17) qui, seul, a expié pour nos péchés (Rm 3, 25 ; 1 Jn 2, 1-2) une fois pour toutes ».

L’action de Dieu par l’Eglise

La réconciliation avec Dieu nous apporte le retour dans sa grâce et son amitié par une résurrection spirituelle. Elle a pour conséquences d’autres réconciliations : le pénitent pardonné se réconcilie avec lui-même dans la profondeur de son être, où il récupère sa propre vérité intérieure. Il se réconcilie avec les frères que de quelque manière il a offensés et blessés, avec  l’Église et la création toute entière.

La réconciliation avec l’Église restaure la communion fraternelle et a un effet vivifiant sur la vie de l’Église qui a souffert du péché d’un de ses membres (1 Co 12, 26).  Rétabli dans la communion des saints, le pécheur est fortifié par l’échange des biens spirituels entre tous les membres vivants du Corps du Christ, qu’ils soient sur terre, en état de purification au purgatoire ou au ciel.

Ce sacrement anticipe le jugement auquel il sera soumis à la fin de cette vie terrestre. C’est maintenant, dans cette vie-ci, que nous est offert le choix entre la vie et la mort, et ce n’est que par le chemin de la conversion que nous pouvons entrer dans le Royaume d’où exclut le péché grave (1 Co 5, 11 ; Ga 5, 19-21 ; Ap 22, 15). En se convertissant au Christ par la pénitence et la foi, le pécheur passe de la mort à la vie  « et il n’est pas soumis au jugement »  (Jn 5, 24).

Célébration personnelle ou communautaire

Comme tous les sacrements, la pénitence est une action liturgique. Il peut avoir lieu dans le cadre d’une célébration communautaire exprimant clairement le caractère ecclésial de la pénitence.

Cependant « La confession individuelle et intégrale suivie de l’absolution demeure le seul mode ordinaire par lequel les fidèles se réconcilient avec Dieu et l’Église . Ceci n’est pas sans raisons profondes. Le Christ agit en chacun des sacrements. Il s’adresse personnellement à chacun des pécheurs : « Mon enfant, tes péchés sont remis »  (Mc 2, 5) ; il est le médecin qui se penche sur chacun des malades qui ont besoin de lui (Mc 2, 17) pour les guérir ; il les relève et les réintègre dans la communion fraternelle. La confession personnelle est donc la forme la plus significative de la réconciliation avec Dieu et avec l’Église ». (CEC 1484)

Le fils prodigue

Le mouvement de la conversion et de la pénitence a été merveilleusement décrit par Jésus dans la parabole dite du fils prodigue dont le centre est le père miséricordieux (Lc 15, 11-24) : la fascination d’une liberté illusoire, l’abandon de la maison paternelle, la misère extrême dans laquelle le fils se trouve après avoir dilapidé sa fortune, l’humiliation profonde de se voir obligé de paître des porcs, et pire encore, celle de désirer se nourrir des caroubes que mangeaient les cochons, la réflexion sur les biens perdus, le repentir et la décision de se déclarer coupable devant son père, le chemin du retour, l’accueil généreux par le père, la joie du père : ce sont là des traits propres au processus de conversion. La belle robe, l’anneau et le banquet de fête sont des symboles de cette vie nouvelle, pure, digne, pleine de joie qu’est la vie de l’homme qui revient à Dieu et au sein de sa famille, qui est l’Église.

Seul le cœur de Jésus qui connaît les profondeurs de l’amour de son Père, a pu nous révéler l’abîme de sa miséricorde d’une manière si pleine de simplicité et de beauté.

Merci à Claire pour ce dernier article de la série, retour au premier article de la série ici.