Vendredi, j’approfondis ! La pénitence, une joie à découvrir. Le sacrement de pénitence 4a/4

Par les sacrements de l’initiation chrétienne, l’homme reçoit la vie nouvelle du Christ. Cette vie peut être affaiblie par le péché. Comme Jésus a remis les péchés au paralytique et lui a rendu la santé du corps (Mc 2, 1-12), l’Église continue auprès de ses membres, – grâce à l’Esprit Saint – l’œuvre de guérison et de salut du Christ par le sacrement de pénitence et de l’onction des malades.

 

« La célébration de la miséricorde advient tout particulièrement dans le sacrement de la réconciliation. C’est le moment où nous nous sentons embrassés par le Père qui vient à notre rencontre pour nous redonner la grâce d’être de nouveau ses enfants … »  Pape François

«  Ceux qui s’approchent du sacrement de pénitence y reçoivent de la miséricorde de Dieu le pardon de l’offense qu’ils lui ont faite et du même coup sont réconciliés avec l’Église que leur péché a blessée et qui, par la charité, l’exemple, les prières, travaille à leur conversion » (Lumen Gentium 11).

Le sacrement de….

  • Conversion  qui réalise l’appel de Jésus à la conversion « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.» (Mc 1, 15 ) et  la démarche de conversion : Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : « Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi » (Lc 15, 18 ).
  • Pénitence qui consacre une démarche personnelle et ecclésiale de repentir et de satisfaction du pécheur.
  • Confession puisque l’aveu des péchés devant le prêtre est un élément essentiel de ce sacrement.
  • Pardon car par l’absolution sacramentelle du prêtre, Dieu accorde au pénitent « le pardon et la paix »
  • Réconciliation qui apporte l’amour de Dieu qui réconcilie « Laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2Co5,20).

La conversion au Christ par le baptême, la confirmation et l’eucharistie, nous ont rendu « saints et immaculés devant lui » (Ep 1, 4). Contempler ce don immense que Dieu nous fait nous aide à saisir pourquoi le péché est exclu pour qui a « revêtu le Christ » (Ga 3, 27).

La nature humaine est fragile et faible :«  Si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous abusons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous » (1 Jn 1,8). Aidés par la grâce du Christ, les baptisés font leurs preuves dans le combat de la conversion, pour la sainteté et la vie éternelle à laquelle ils sont appelés par le Seigneur.

L’appel à la conversion

«  Les temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est tout proche ; repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1,15). Cet appel de Jésus s’adresse à ceux qui ne connaissent pas encore l’Évangile. Aussi, le Baptême est le lieu principal de la conversion première et fondamentale. Par lui, on renonce au mal et on acquiert le salut, c’est-à-dire la rémission de tous les péchés et le don de la vie nouvelle (Ac 2, 38).

Cet appel du Christ à la conversion retentit continuellement dans la vie des chrétiens par le  « cœur contrit » (Ps 51, 19) attiré et mû par la grâce (Jn 6, 44 ; 12, 32) 

Cette seconde conversion est une tâche ininterrompue pour l’Église qui « est … à la fois sainte et appelée à se purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement » (Lumen Gentium 8).

Saint  Ambroise dit des deux conversions que, dans l’Église, « il y a l’eau et les larmes : l’eau du Baptême et les larmes de la Pénitence ».

La conversion intérieure

La conversion du cœur pousse à l’expression de cette attitude en des signes visibles, des gestes et des œuvres de pénitence (Jl 2, 12-13 ; Is 1, 16-17 ; Mt 6, 1-6. 16-18).  Ce retour radical vers Dieu comporte la résolution de changer de vie dans l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en la grâce, accompagné d’une tristesse salutaire appelée animi cruciatus (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur). Dieu donne à l’homme un cœur nouveau (Ez 36, 26-27).

 La conversion est une œuvre de la grâce de Dieu qui fait revenir nos cœurs à lui.

  L’Écriture et les Pères insistent sur le jeûne, la prière, l’aumône comme expressions de cette conversion : la pénitence. Prendre sa croix, chaque jour, et suivre Jésus est le chemin le plus sûr de la pénitence (Lc 9, 23).

         Quotidiennement, la conversion se nourrit dans l’eucharistie, où est présent le sacrifice du Christ qui nous réconcilie avec Dieu, dans la lecture de la Bible, la prière. Le temps du carême et chaque vendredi sont les moments privilégiés de la pratique pénitentielle de l’Église. Ces temps sont particulièrement appropriés pour les exercices spirituels, les liturgies pénitentielles, les pèlerinages en signe de pénitence, les privations volontaires comme le jeûne et l’aumône, le partage fraternel.

Péché et réconciliation

Le péché est offense à Dieu, rupture de la communion avec Lui et avec l’Église.  La conversion apporte le pardon de Dieu et la réconciliation avec l’Église, exprimés et réalisés liturgiquement par le sacrement.

Dieu seul pardonne le péché (Mc 2, 7).

« Le Fils de l’homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre » (Mc 2, 10). Ce pouvoir divin fut exercé par Jésus  : « Tes péchés sont pardonnés ! » (Mc 2, 5 ; Lc 7, 48).  Il l’a transmis aux hommes (Jn 20, 21-23) et a  confié le « ministère de la réconciliation » (2 Co 5, 18) aux apôtres qui sont envoyés  « au nom du Christ ». Mais  « c’est Dieu lui-même » qui exhorte :  « Laissez vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20). L’Église est le signe et l’instrument du pardon et de la réconciliation.

Réconciliation avec l’Église

Jésus réintègre par le pardon les pécheurs dans la communauté d’où le péché les avait exclus en les admettant à sa table ( Lc 15 et  Lc 19, 9). Cette dimension ecclésiale passe par Pierre :  « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux ; tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aux cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aux cieux » puis par les apôtres (Mt 18, 18 ; 28, 16-20). Par lier et délier il faut entendre celui que vous exclurez ou recevrez dans  votre communion ecclésiale, celui-là sera exclu ou accueilli dans la communion avec Dieu. La réconciliation avec l’Église est inséparable de la réconciliation avec Dieu.

Merci à Claire pour cet article, la suite ici.