Vendredi, j’approfondis ! La pénitence, une joie à découvrir. 2/4 Une conversion dynamique.

La pénitence du carême : une conversion dynamique

Le carême est un temps de conversion du cœur pour accueillir Pâques et le temps de l’initiation chrétienne vers le baptême.
Tout chemin d’initiation comporte des conversions.

Deux termes pour dire la conversion

Ce terme de conversion signifie retournement, changement de direction et vient du mot latin conversio qui correspond à deux mots grecs, epistrophê et metanoïa .
 
  • Epistrophé ( πι: autour, sur; στροφή: tourner)
C’est un retournement, un renversement d’attitude, le retour vers un modèle passé. Mais c’est aussi un retour compris comme repentance ou une pression exercée par la collectivité. Le retournement est le lieu, la condition du changement.
En langue usuelle, il s’agit de se tourner vers une orientation nouvelle au point de faire demi-tour. Au sens figuré, c’est tourner son attention vers quelque chose ou quelqu’un, se soucier de lui. Le changement se manifeste dans le passage d’une attitude à une autre. En Ac15,3, les païens sont invités à se convertir (epistrophe). Cette conversion implique l’idée d’un retour (retour à l’origine, retour à soi.)
  • Metanoïa ( μετα: ce qui dépasse, englobe, au-delà; νοω : percevoir, penser)
Au-delà de l’intellect et de la raison, l’homme peut s’ouvrir à plus grand que lui-même en lui-même par un mouvement de conversion.
Metanoia signifie changement de vue ou changement de regard qui voit la pensée et l’action se transformer de façon importante, voire décisive.
Ce changement de pensée – le repentir – implique l’idée d’une mutation et d’une renaissance, un changement total qui permet de se laisser transformer par Dieu et qui ne consiste pas uniquement à revenir dans le droit chemin (epistrophè). Cette conversion entraîne des modifications dans toute l’existence.
Son sens est plus profond que celui d’épistrophè car vis-à-vis de Dieu, la metanaoia est une aptitude de l’homme qui s’ouvre à une transformation radicale. Elle advient sur une voie. Elle est dynamique, de l’ordre d’un processus et comporte des étapes.

La metanaoia, un processus dynamique 

  • La prise de conscience de l’appel
Utilisé surtout dans le Nouveau Testament, metanaoia signifie métamorphose, une transformation intérieure suite à une prise de conscience provoquée par quelqu’un ou un évènement.
Par exemple, en Mc1,4 Jean Baptiste proclame un baptême de conversion (metanoia) qui invite à se laisser transformer de l’intérieur suite à un appel.
Metanoia suppose donc d’adopter une posture nouvelle, une ouverture au changement au fond de soi qui rende possible le processus de conversion c’est à dire l’écoute d’un appel et la réponse à y donner .
C’est le Christ qui prend l’initiative de s’approcher de nous et de nous ouvrir au Royaume.
« Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ;
15 il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.  » Mc 1, 14b-15
La conversion est liée à l’attitude d’accueil et à un évènement surprise qui va la provoquer d’où l’importance d’être en état de veille. Il n’y a pas de conversion sans dynamique appel/réponse.
  • La tension entre la fidélité et la rupture
La notion de conversion comporte une opposition interne entre l’idée de retour à l’origine et l’idée de renaissance . Cette polarité fidélité-rupture a fortement marqué la conscience occidentale depuis l’apparition du christianisme, polarité dont les évangiles se font l’écho : s’arracher au péché pour revenir vers la Loi ou se tourner radicalement vers la nouveauté de Jésus , nouvelle alliance.
« Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. » Mt 5,17
 « On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, les outres se rompent, le vin se répand, et les outres sont perdues; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le vin et les outres se conservent. » Mt 9,17
  • Se réconcilier avec Dieu et réintégrer l’Eglise
En ce temps de réconciliation et de conversion, l’Eglise demande que l’on confesse individuellement ses péchés graves au moins une fois par an car le carême est le temps privilégié du sacrement de pénitence qui est un sacrement de guérison permettant la conversion. (Le deuxième sacrement de guérison est celui du sacrement des malades.)
Ce sacrement peut se concrétiser par une cérémonie pénitentielle communautaire  pour préparer la célébration du mystère pascal.
Cette cérémonie ne remplace pas la confession individuelle et intégrale suivie de l’absolution qui demeure le seul mode ordinaire par lequel les fidèles se réconcilient avec Dieu et l’Église.

Merci à Claire pour cet article et à vendredi prochain pour la suite…

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