Vendredi : J’approfondis ! La messe. 2/1 Comment participer à la messe ?

Une fois que nous avons décidé de répondre à l’invitation du Seigneur, que nous allons à la messe pour le rencontrer et qu’il se donne à nous dans sa Parole et dans son Eucharistie, comment nous préparer et vivre pleinement cet accueil et ce don ?

La disponibilité du cœur 

Nous participons pleinement à la messe en étant vraiment présent au Seigneur, en lui offrant une disponibilité intérieure car il veut nous parler, nous éclairer, nous encourager. Nous nous présentons en habit de noces (cf. Mt 22,14), endimanchés, c’est-à-dire vêtus de l’habit blanc du baptême. Le prêtre lui-même porte un vêtement blanc pour nous le rappeler. Si notre habit est taché par nos manques d’amour, par nos péchés, il est bon de se laisser renouveler et purifier par le Seigneur dans le sacrement du pardon avant de se présenter devant lui.

Notre tenue extérieure, propre, soignée, doit correspondre à l’état de notre âme qui va à la rencontre du Seigneur. Pendant la messe, nous demandons pardon à plusieurs reprises pour cheminer pas à pas vers l’Eucharistie. Ces moments de réconciliation nous permettent de nous ajuster à la miséricorde divine en nous reconnaissant pécheur. Il y a dans la liturgie une pédagogie de l’approche progressive du Christ. 

Le rendez-vous d’amour auquel le Seigneur nous invite est tellement important qu’il est bon de s’y préparer. La manière dont on se prépare joue sur la manière dont on vit la messe. Lire les lectures, s’en nourrir nous permet de mieux les accueillir et leur permet de porter plus de fruit. Nous nous éveillons à écouter la Parole pour la laisser résonner en nous, comme une bonne terre qui saura accueillir la semence divine (Lc 8, 4-15). On se prépare aussi à déposer tout ce que l’on est devant le Seigneur pour lui offrir notre vie et nous unir à son offrande (Offertoire). Cela nous demande de prendre le temps d’écouter notre âme humblement pour l’ouvrir ensuite au Seigneur. 

Se laisser transformer

Une fois préparés corps et âme à aller à la messe, le Seigneur attend de nous une participation active de tout notre être. Cela ne signifie pas seulement chanter, prier, poser des gestes mais avant tout, se laisser transformer, comme l’argile entre les mains du potier. La terre, c’est l’homme, le potier, c’est Dieu le Père et ses deux mains sont le Fils et l’Esprit Saint, main extérieure qui nous façonne par sa Parole et main intérieure qui nous façonne du dedans. L’argile doit être souple, pas molle. Nous mettons toute notre présence au service de la disponibilité à l’action de Dieu qui se donne. Nous entrons dans le mouvement d’offrande du Christ qui se donne à nous en lui offrant notre docilité, notre consentement à nous laisser faire et à le laisser agir.

Dire « amen » est aussi l’expression de notre participation active. « Oui, Seigneur, je crois que tu es présent dans ta Parole, dans l’hostie consacrée. Oui, Seigneur, je crois que je reçois le corps du Christ et que je suis reçu dans le corps du Christ ». Nous entrons dans un mouvement d’abandon et de don qui nous pousse ensuite à nous donner aux autres. La Vierge Marie nous montre comment se laisser transformer intérieurement, elle qui a tant ruminé et intériorisé la Parole de Dieu qu’elle a fini par prendre chair en elle (« Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous » Jn 1, 14). Elle est le plus bel et parfait exemple de disponibilité du cœur qui porte du fruit parce qu’il s’est laissé transformer. 

C’est librement que nous sommes invités à consentir, à décadenasser la porte de nos cœur pour laisser le Seigneur y entrer (cp. Ap 3, 20), au plus profond, au plus intime de notre être. Alors il pourra atteindre ce qui est blessé, qui a besoin d’être guéri, consolé pour que nous soyons transformés et in fine sauvés. Le Seigneur a des trésors de grâces à mettre dans nos cœurs, si nous le lui ouvrons.

Participer à l’offrande du Christ

Nous venons à la messe tels que nous sommes et Dieu nous invite à apporter comme une offrande tout ce qui fait notre vie (réussites, échecs, joies, peines, activités, relations…). Tout peut être déposé aux pieds du Seigneur pour qu’il le transforme, comme le pain et le vin seront transformés. Nous entrons ainsi dans une attitude eucharistique : reconnaître que nous ne pouvons offrir à Dieu que ce qu’il nous a lui-même donné puisqu’il nous a donné la vie ! Le Christ a donné sa vie pour nous en s’offrant en sacrifice à son Père et nous sommes invités à nous laisser toucher par l’amour désarmé, le Christ crucifié. En acceptant nous aussi de nous donner à lui, de faire des sacrifices par amour pour lui, nous participons à son offrande au Père. Nous progressons chaque jour dans cette tâche de toute une vie en nous laissant façonner peu à peu par la grâce reçue de Dieu.

Sans le Christ, nous ne pouvons rien faire mais par lui, avec lui et en lui (doxologie) nous pouvons prier le Père, rendre grâce et recevoir son amour. Il est la tête et nous formons le corps et tous ses membres. 

S’unir au Christ dans l’action de grâce

Pendant la messe, Dieu se donne à nous pour nous unir à lui et nous sommes appelés à une triple réponse d’amour : l’offrande de nous-même pour nous unir à son sacrifice et recevoir sa vie, l’action de grâce en entrant dans celle du Christ au Père et enfin la louange qui nous ouvre ici bas à une participation à la vie divine. Quel mystère ! Nous n’aurons jamais fini de découvrir cette réalité tant elle est riche. L’eucharistie est la réalité qui concentre tout le mystère de la foi. Chaque messe est une aventure spirituelle, celle du sacrifice du Christ rendu présent pour que nous puissions apprendre à nous offrir avec lui. Le Fils reçoit sa vie du Père par amour et il lui offre à son tour sa vie comme une réponse d’amour à son Père, et ce sacrifice est bienfaisant pour nous, ses frères. Notre participation active à la messe nous permet de nous unir au mouvement de don de la vie du Père au Fils et du Fils au Père grâce à l’Esprit Saint, force d’amour et d’unité.

Il s’agit donc d’une unité mystérieuse avec la sainte Trinité. Nous rendons grâce et louons le Seigneur car si nous mourons avec lui en nous unissant à son sacrifice sur la croix, nous ressuscitons aussi avec lui en nous unissant à sa victoire sur la mort qui nous ouvre à la vie éternelle. Cette espérance rend joyeux et pousse à la louange. Et la louange permet l’action de grâce en toute circonstance car elle nous fait rentrer dans la puissance de la résurrection.

Entrer dans un mouvement de communion universelle

Notre participation active à la messe se vit en communauté et a pour objectif la communion. Il s’agit aussi d’être attentif à ce qui contribue à l’unité pour vivre une expérience collective, se préparer à la communion. La communion au Christ permet la communion aux autres. On part d’une rencontre personnelle, intime qui nous pousse à la rencontre de l’autre, du Christ présent dans mes frères et sœurs. Cette communion s’élargit dans le temps et dans l’espace avec tous ceux qui nous ont précédé (saints, défunts) et aussi avec les anges. La messe, c’est le ciel sur la terre ! Elle rejoint également tous les hommes non chrétiens puisque le salut est offert à tous. Nous touchons du doigt l’ampleur cosmique et humaine de la messe qui vise une communion universelle, rien moins que le salut du monde. 

Notre participation à la messe est importante et nécessaire car nous avons un rôle dans la célébration. Chacun, en tant que membre du corps du Christ, a sa place unique, choisie et aimée de Dieu dans le grand corps que construit l’eucharistie. Chacun est appelé à coopérer à l’œuvre de la grâce divine, au salut du monde, simplement, humblement, modestement et fidèlement à chaque messe. Chacun apporte sa pierre, sa contribution à l’édification du salut.

En entrant dans le grand mouvement de communion de la messe, nous prenons conscience que nous sommes en route vers la vie éternelle, que nous attendons le retour du Christ dans la gloire, que toute messe est célébrée dans la perspective de la vie éternelle. Chaque eucharistie nous remet devant le sens profond de nos vies, nous donne le désir dynamisant de servir dans le temps présent en ayant pour but la communion parfaite avec Dieu qui nous attend au ciel, dans la vie éternelle.

Pour aider les enfants à répondre à cette même question « Comment participer à la messe », Magali a choisi de parler du signe de croix. Article à lire ici.

Merci à Magali pour cette série sur la messe. 
Retrouvez les articles de la série : 
« Pourquoi aller à la messe ? (1) «  ici 
« Comment participer à la messe ? Pour les enfants (2.2) » ici.
« L’envoi. (3.1) » ici.
« L’envoi. Pour les enfants. (3.2) » ici.

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