Mercredi, j’approfondis ! Les citations des Psaumes dans le Nouveau Testament

« Après avoir chanté les psaumes, ils sortirent pour aller au Mont des Oliviers » (Mt 26, 30 ; Mc 14, 26)

Les rédacteurs du Nouveau Testament citent abondamment les psaumes, dans les Evangiles, les Actes des Apôtres, les Lettres et l’Apocalypse. Le Livre des Psaumes étant très familier aux juifs pieux du premier siècle, les rédacteurs vont en faire une lecture figurative appliquée au Christ, à ses souffrances, à sa résurrection et à sa glorification.

Cette dimension christologique des psaumes apportera au monde chrétien bon nombre des figures de Jésus qui nous sont familières aujourd’hui : le Fils de Dieu (Ps2), la pierre angulaire rejetée (Ps 118), le juste persécuté Ps 69) , celui qui siège à la droite de Dieu (Ps 110), le prêtre dans l’ordre de Melchisedek (Ps 110). Tous ces rappels montrent au nouveau chrétien que Jésus accomplit l’Ecriture – en étant le Messie attendu dont parle les psaumes – et qu’Il est Fils de Dieu. 

Jésus est vu priant les psaumes (Mc 14,26 et //). Les évangélistes vont mettre sur ses lèvres des psaumes dans sa prédication ( Mc12,10 ; 12,26 et // ;  Ps 118 et 110), dans les controverses (Mt 21,16 ; Ps 8,3), lorsqu’il prie son père (Mc 15,34 et // ou Lc 23,46 ; Ps 22 et 31), ou nous apprend à prier avec le Notre Père ( Mt 6,9-14 et Lc 11, 2-4 ; Ps40, 96, 104, 144 et 145).

Voici aujourd’hui quatre exemples de citations de psaumes dans le Nouveau Testament. Il y en a bien d’autres, plus de 300, que vous pouvez vous amuser à repérer et à analyser. 

Ps 8, 3 en Mt 21, 16 : «Par la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu t’es préparé une louange ». Après la purification du Temple, lorsque Jésus en a chassé les vendeurs, des enfants crient : « Hosanna au fils de David ! ». Les grands prêtres et les scribes protestent devant cette acclamation : le Messie ne doit-il pas descendre de David ? Jésus répond par Ps 8,3: «Par la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu t’es préparé une louange ». L’élite religieuse ne reconnaît rien, seuls les petits savent reconnaître le Messie (Mt 11, 25).

Ps 118, 22 en Mc 12, 10-11 : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire ». Dans la parabole des vignerons homicides, Jésus nous dit : « N’avez-vous pas lu ce passage de l’Ecriture : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire. C’est là l’œuvre du Seigneur : quelle merveille à nos yeux ! »
Dans une lecture figurative de ce texte, la vigne figure Israël, les vignerons homicides les chefs religieux d’Israël et les envoyés successifs les prophètes de Dieu. Le fils est la figure de Jésus. La citation de Ps 118,22-23 est une annonce du mystère Pascal : rejeté par son peuple, Jésus connaîtra la victoire et l’exaltation.
Ce verset est cité par Pierre dans son discours devant le Sanhédrin en Ac 4, 8-11: « C’est lui, la pierre que vous, les bâtisseurs, aviez mise au rebut : elle est devenue la pierre angulaire. » et dans la première lettre de Pierre, 1P 2, 7.

Ps 110, 1 en Mc 12, 36+ et // :  » Siège à ma droite, que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds ! ».
Le psaume 110 sera souvent cité dans les premières communautés chrétiennes pour parler de la divinité du Christ: « … Oracle du Seigneur à mon Seigneur :  » Siège à ma droite, que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds ! ». Il est cité pendant le jugement de Jésus devant le Sanhédrin (Mc14, 62).
Dans Mc 12,36 et sv., l’évangéliste relate : « Prenant la parole, Jésus enseignait dans le Temple. Il disait : « Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est fils de David ? David lui-même, inspiré par l’Esprit Saint, a dit : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis sous tes pieds. David lui-même l’appelle Seigneur ; alors, de quelle façon est-il son fils ? »
Jésus utilise un argument scripturaire pour répondre aux scribes et aux pharisiens, un procédé habituel dans les controverses rabbiniques.

Ps 118, 26 en Mt 21,9 ; 23,39 : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »
En Mt 21,9 : cette acclamation retentit dans les récits évangéliques de l’entrée de Jésus à Jérusalem (Mt 21,9 ; Mc 11,9 ; Jn 12,13) qui appliquent ce psaume messianique à Jésus.
En Mt 23,39 : après les invectives contre les Pharisiens et la lamentation sur Jérusalem, Jésus prend solennellement congé de son peuple jusqu’au moment de son second avènement et lui dit : « Car je vous le dis, désormais vous ne me verrez plus, jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Ce cri retentira aussi lorsque tout le peuple converti saluera le Sauveur à la Parousie (Ro 11,25).

 A la semaine prochaine pour continuer cette exploration !

Merci à Claire pour cette nouvelle contribution. Retrouvez les articles de la série ci après :
Structure et histoire du Livre des Psaumes
Le Christ issu des Psaumes (1ère partie)
Le Christ issu des Psaumes (2ème partie)

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