Comment Anne a remis en question son Dimanche pour en faire véritablement le Jour du Seigneur

Anne Lehman, 49 ans, à Singapour depuis 15 ans, mère de 3 ados de 19, 17 et 14 ans,  précédemment chef d’entreprise multirécidiviste et actuellement en quête d’un nouveau projet. J’accompagne également les adultes au Baptême, à la première Communion et à la Confirmation. Tous et toutes sont les bienvenus dans ce cheminement qui est avant tout l’opportunité de découvrir Dieu. ( [email protected] – 83220674)

 

Pour moi qui suis Catholique et issue d’une famille pratiquante, le Dimanche a toujours été synonyme à la fois de repos, voire d’ennui, de messe et de repas familial. 

Mélange éclectique et finalement pas très spirituel jusqu’à ce que j’en découvre le sens profond, il y a quelques années seulement, à l’occasion d’une réflexion menée sur les 10 commandements et leur résonance dans notre société aujourd’hui. Pour le contexte, il s’agissait d’un travail personnel suivi d’un échange de groupe dans le cadre d’une étude biblique.

Je découvre alors l’origine de l’observance du repos le 7ème jour de la semaine : commémoration de la création du monde et du repos pris par Dieu lui-même pour contempler et juger sa création, et invitation à faire de même mais aussi à Lui rendre grâce pour ce don gratuit.

« Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour : c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. » (Exode 20 : 8-11.)

La messe prit alors une dimension encore plus profonde pour moi : elle n’était plus seulement une communion avec Dieu, la retrouvaille avec la communauté, mais plus largement elle s’entendait d’une certaine façon sur la journée entière : une invitation à reprendre son souffle, à prendre le temps de la contemplation, le temps pour l’écoute et la présence active avec et pour les autres. 

J’ai réalisé alors un fait assez curieux : cela faisait des années que je consacrais une partie de mon Dimanche à travailler. Je ne parle pas là des tâches domestiques d’une mère de famille, mais littéralement de travailler comme chaque jour pour mon entreprise, laissant de côté famille, repos, amusements. Chef d’une petite entreprise, le travail ne manquait pas; hors de question de perdre ces heures précieuses à une quelconque contemplation, la messe dominicale et les prières quotidiennes suffisaient bien ! Et surtout, je n’avais pas du tout perçu la richesse de ce cadeau. Pourtant, ce soir-là, alors que je faisais « mes devoirs » (si si 😊) pour la prochaine séance d’étude biblique, je réalisais lentement que tout, littéralement TOUT le travail effectué les Dimanches des derniers mois et même des dernières années ne servait juste à rien. Les essais capotaient, les visites d’acquisitions potentielles n’aboutissaient pas, les documents travaillés s’avéraient inutiles 2 jours plus tard etc…

Je m’épuisais juste, je me donnais bonne conscience à faire tout ce qui était possible pour « réussir ». Ou encore je remplissais des obligations sociales diverses, ou prenais de l’avance sur mes tâches domestiques (devoirs des enfants, achats, réservations, administration perso etc…) bref, pas de repos et encore moins d’action de grâce !

Je me souviens alors avoir prié. Avoir remis ma surprise et mon questionnement à Dieu. A lui demander, comme un enfant, si vraiment j’avais bien compris, si vraiment je devais, ou pouvais me reposer pour de vrai ce jour-là. Si, comme il le préconisait, je pouvais m’en remettre à Lui pour que ce jour soit sanctifié et fructueux. C’est alors que progressivement ce jour est devenu un ressourcement spirituel. Un moment que je prends pour ma relation à Dieu. Pour lui apporter mes joies et mes soucis et pour l’écouter surtout. Depuis lors, combien de fois suis-je allée à la messe seule tôt le Dimanche matin, souvent sceptique et presque en colère de me sentir « obligée » (par qui et pourquoi, je ne sais vraiment pas 😊…) et de découvrir dans la parole du jour ou l’homélie, une réponse lumineuse de Dieu pour moi : un souffle de vie, une brise légère, un rayon de soleil, une ressuscitation, un apaisement qui remplissait cette journée et la semaine. 

Le Dimanche est alors vraiment devenu le jour du Seigneur, un jour que nous nous offrons mutuellement.

J’ai cessé alors de travailler économiquement le Dimanche. Je veux dire par là que bien sûr j’ai des activités, mais elles sont dans le don, le partage, la découverte, le sport, la contemplation et le spirituel, et non plus à but lucratif, représentatif ou administratif. 

Ce sont des actions de grâce au sens littéral.

Car enfin Jésus nous a dit : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat, de sorte que le Fils de l’homme est maître même du sabbat. » (Marc 2:27-28.).

 

 

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