Mercredi : j’approfondis ! C’est bientôt la Fête-Dieu…Mais que commémore t-on ce jour là ?

La Fête-Dieu, solennité du Corps et du Sang du Christ ou Corpus Christi, est fêtée en France le dimanche
du Saint-Sacrement.

Elle est instituée au 13e siècle pour commémorer la présence de Jésus-Christ dans le sacrement de l’Eucharistie. 

Elle est célébrée soixante jours après Pâques, soit le jeudi suivant la fête de la Trinité. Ce jeudi, férié dans de nombreux pays, ne l’est pas en France depuis le concordat de 1801. La Fête-Dieu est donc repoussée au dimanche du Saint-Sacrement, 2e dimanche après la Pentecôte, en vertu d’un indult papal pour permettre la participation de tous les fidèles. 

Retour sur les origines de la Fête-Dieu

Jusqu’au 13e siècle, il y a seulement la Sainte Réserve pour les mourants et les malades, mais ni office ni exposition du Saint-Sacrement. 

Vers 1210, sainte Julienne de Cornillon – une religieuse du diocèse de Liège- à la suite d’une vision, entreprend de composer un office célébrant la présence du Christ dans l’Eucharistie. En 1246, elle obtient de l’évêque de Liège la célébration de la Fête du Saint-Sacrement. 

Après avoir vu le miracle eucharistique de Bolsena en 1263, le pape Urbain IV rend la fête du Saint-Sacrement obligatoire et demande à saint Thomas d’Aquin d’en écrire les hymnes. Des fresques dans la cathédrale d’Orvieto et d’autres nombreux tableaux retracent avec précision cet événement miraculeux.
Cependant, la Fête-Dieu a du mal à s’imposer. Ce n’est qu’en 1317 qu’elle se diffuse à tout le monde chrétien d’Occident sous l’impulsion du pape Jean XXII. 

La procession de la Fête-Dieu

  • Une tradition populaire et séculaire

En 1318, le pape Jean XXII  ordonne de porter l’Eucharistie en un cortège solennel, dans les rues et sur les chemins pour les sanctifier et les bénir. Cette coutume se répand dans tout l’Occident aux 14e et 15e siècles. En 1536, le concile de Trente confirme l’institution de la procession, la considérant comme une profession publique de foi en la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, en un temps de fortes discussions théologiques à ce sujet. Les Églises protestantes qui n’adhèrent pas à ce dogme ne fêteront plus la Fête-Dieu.

  • Le déroulement de la procession

Vêtu des ornements blancs, le prêtre arpente les rues et les places de sa paroisse en portant l’Eucharistie dans un ostensoir somptueux, sous un dais qui l’abrite du soleil ou de la pluie et porté par quatre hommes. Le cortège des fidèles suit, au rythme du Lauda Sion, chant composé par saint Thomas d’Aquin. L’ouverture de la marche est confiée aux petits enfants qui jettent sur le chemin du Saint Sacrement un tapis de pétales de roses. La procession est ponctuée d’un ou de plusieurs arrêts devant des reposoirs couverts de fleurs. Chacune de ces stations est aussi l’occasion de bénir la foule présente.

  • L’ostensoir

L’ostensoir apparaît donc à cette époque. C’est un objet liturgique destiné à contenir l’hostie consacrée, à l’exposer à l’adoration des fidèles et à les bénir.

  • Le reposoir

Le reposoir est une sorte d’autel décoré, couvert de fleurs, en plein air ou dans une salle. La procession fait une station à un reposoir, l’officiant encense l’Eucharistie et bénit le peuple avec l’ostensoir. C’est un temps fort de l’adoration du Saint-Sacrement. 

Sens de la Fête du Corps et du Sang du Christ

Depuis la réforme liturgique du concile Vatican II, la Fête-Dieu est appelée « Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ ». Elle commémore l’institution du sacrement de l’eucharistie, elle est un appel à approfondir le sens de l’eucharistie et sa place dans notre vie.  Les fidèles sont invités à communier au corps et au sang comme le Jeudi saint. C’est souvent le dimanche choisi pour les premières communions. 

Aujourd’hui, cette fête est centrée sur la célébration du Dieu d’amour qui se révèle en se donnant à nous, corps et sang, comme nourriture de vie éternelle. Ce qui est légèrement différent du sens de la Fête Dieu qui était plus centrée sur l’adoration de la présence réelle du Christ.

L’adoration perpétuelle

Sainte Julienne de Cornillon nous a laissé la riche tradition d’adoration du Saint-Sacrement. Depuis les années 1990, l’adoration eucharistique connaît un vrai renouveau en France. Dans certains lieux, le Saint-Sacrement est même exposé jour et nuit. L’adoration y est perpétuelle. Les Missionnaires de la Très Sainte Eucharistie recensent tous les lieux d’adoration perpétuelle en France

Renouveau de la procession du Saint-Sacrement 

De plus en plus de diocèses en France renouent avec la tradition de la procession de la Fête-Dieu. L’archevêché de Paris l’a remise à l’honneur sous l’impulsion de Mgr André Vingt-Trois depuis 2007. Dans d’autres pays, les processions ont toujours existé ; c’est le cas en Allemagne, en Espagne, en Italie. En Suisse, à Fribourg par exemple, la Fête-Dieu est un jour férié et une grande fête avec de multiples reposoirs. La messe est retransmise à la télévision. En Belgique, à Liège, berceau de la Fête-Dieu depuis 1246, les réjouissances durent quatre jours

Aujourd’hui encore, nous entendons Saint Julienne nous dire :

« Honorons la très douce présence du Christ parmi nous »
(Office liégeois de la Fête-Dieu)

Merci à Claire pour cet article. Vous pouvez retrouver tous les articles du mois de juin ici.

 

 

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