Représenter le visage du Christ pour prier

L’icône, la représentation du visage du Christ ?

Commençons d’abord par évoquer la représentation de Dieu. Dans l’ancien testament, Dieu échappe à la vue, ne se laisse pas voir. Il est caché et invisible. En s’adressant à Moise (Exode 33, 20), Il dit : « Tu ne peux pas voir ma face, car l’homme ne saurait voir ma face et vivre. »

Tout change avec la naissance de Jésus, venu dans ce monde incarner le Dieu invisible. Dans l’Epitre aux Colossiens (1, 15), on peut lire « Il est l’image du Dieu invisible, premier né de toute créature ».

Le Christ a donc été touché, écouté, vu par des milliers de personnes comme saint Jean en témoigne : « Ce que nous avons vu et touché du verbe de vie, nous vous l’annonçons ».

Il est donc légitime de représenter l’image du Christ car c’est témoigner de son incarnation.

Cependant, nous ne trouvons aucun détail dans les Evangiles concernant la physionomie de Jésus…Les évangéliste qui l’ont côtoyé ne le décrivent jamais physiquement.

Les représentations du visage du Christ ne sont donc pas fidèles à la réalité physique de Jésus.  Mais qu’importe, car dans l’icône, on contemple le mystère même de l’incarnation.  « L’humanité du Christ y est représentée symboliquement et non portraitiquement » comme l’explique Saint Théodore Studite, grande figure de l’Eglise de Constantinople et ardent défenseur de l’Icône.

Il est à noter qu’on dit de celui qui réalise l’icône qu’il l’écrit et non qu’il la peint…Et celui qui la contemple en est en quelque sorte le lecteur. A travers l’image du Christ, c’est un texte biblique qui est donné à lire. 

Le Christ Pantocrator, une représentation du Christ

Comme nous l’avons vu, l’image du Christ que montre les icônes n’est pas celle du Jésus historique. Elle est celle du Christ révélé comme Dieu. Les toutes premières icônes, destinées à la vénération et qui se répandent dans le monde chrétien aux VIème siècle et au VIIème siècle représentent le Christ dans son corps glorieux : c’est le Christ Pantocrator (mot dérivé du grec signifiant tout-puissant).

Celle-ci est l’une des premières représentations du Christ Pantocrator, elle a été produite à Constantinople sous le règne de Justinien (fondateur du monastère Sainte Catherine). On y voit le Christ en buste, tenant l’évangéliaire dans la main gauche et la main droite qui accomplit le geste de bénédiction. Derrière lui, dépassent les montants du trône sur lequel il est assis.

Mais dans cette représentation, ce qui retient le regard, c’est la dissymétrie très marquée au niveau des yeux. Il ne s’agit sans doute pas d’une maladresse mais peut être bien d’un signe choisi pour révéler la double nature du Christ – à la fois divine et humaine – très discutée au 6ème siècle à l’époque de la production de cette icône.

Le modèle du Christ Pantocrator se répand à partir du IXème siècle, et reste surtout utilisé dans l’art byzantin que ce soit dans les décorations intérieures des édifices religieux (fresques de l’ancienne basilique Sainte-Sophie à Istambul par exemple) ou sur des icônes.

Cette figure du Christ Pantocrator influencera largement l’art chrétien d’Occident qui privilégiera la représentation du Christ en pied, debout ou assis sur un trône, définissant ainsi un Christ en majesté fréquemment représenté sur le tympan des cathédrales.

Avec les enfants, dessiner le visage du Christ à la lumière de l’Evangile

Comme l’a dit le père Patrick dimanche, chacun a en soi le visage du Christ. A toi de dessiner le tien en méditant un passage de l’Évangile que tu connais et que tu aimes bien…Tu peux t’aider de ça ! Et puis pourquoi ne pas prier avec toute ta famille devant le dessin que tu auras réalisé ?

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