Mercredi : j’approfondis ! L’octave de Pâques

L’octave de Pâques, les huit premiers jours après le dimanche de Pâques

L’octave de Pâques est appelée aussi semaine in albis (des vêtements blancs) car les catéchumènes baptisés dans la nuit de Pâques gardaient le vêtement de leur baptême et assistaient chaque jour à des catéchèses sur les sacrements qu’ils venaient de recevoir.
Nous possédons encore les catéchèses de Jean Chrysostome, de Cyrille de Jérusalem ou d’Ambroise de Milan.

Le dimanche qui clôt l’octave, dimanche in albis, jour où les néophytes déposent leur vêtement blanc, a longtemps été désigné par le premier mot de l’oraison d’ouverture Quasimodo, «Comme des enfants nouveau-nés…» Il est appelé aussi dimanche de Saint Thomas chez les orthodoxes. Saint Jean-Paul II l’a institué en l’an 2000 Dimanche de la Miséricorde, le jour de la canonisation de Sainte Faustine.

Christ miséridordieux

Chaque jour, durant l’octave de Pâques, on célèbre la messe avec les prières du jour de Pâques et les mêmes chants. Ainsi la semaine de l’octave de Pâques est comme un long dimanche se prolongeant sur huit jours, où chaque jour est jour de Pâques. L’octave de Pâques permet de redire que la Résurrection se prolonge au-delà du jour de Pâques.

La pratique de l’octave religieuse se retrouve déjà dans l’Ancien Testament avec la fête des Tabernacles (Lv23-26). C’est Constantin  qui l’a introduite dans la liturgie catholique.

Lundi de Pâques ou Vendredi Saint : quel jour férié ?

Pourquoi le lendemain de la fête de Pâques est-il férié ? Depuis le Moyen Âge, la tradition catholique encourageait les Français à célébrer l’octave de Pâques. Durant ces huit jours, la majorité des Français chômaient et les fidèles se rendaient chaque jour à la messe pour entendre la même prière, celle de la Résurrection du Christ. Ce côté répétitif solennisait la liturgie catholique et rappelait à tous que le retour du Christ se prolonge au-delà de la fête pascale.
Cette huitaine était aussi l’occasion pour tous ceux qui le souhaitaient de se rendre à Rome pour l’un des pèlerinages les plus importants de l’année. Après la Révolution, l’administration, de plus en plus prononcée de l’État français, et les exigences économiques vont  remettre peu à peu en cause cette pratique.

En 1801, Napoléon instaure le Concordat qui met fin à l’autorité de Rome sur l’épiscopat français. L’organisation des pratiques religieuses en France est placée sous l’autorité du Premier Consul, les privilèges du clergé catholique sont abolis.

Napoléon et les cultes

Désormais l’octave pascale ne sera plus fériée, seul le premier lundi le restera, en signe de compensation et de compromis vis-à-vis de l’Église catholique. Pour les églises protestantes Napoléon instaure le jour férié du vendredi saint qui était fêté particulièrement par les confessions protestantes.

En 1905, lors de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le Vendredi Saint redevient jour ouvré. Mais l’Alsace et la Moselle, annexées depuis 1871 à l’Allemagne, suivent l’ordonnance allemande instaurant le jour férié du Vendredi Saint et échappent à la législation française. En 1918, lors du rattachement à la France l’Alsace et la Moselle ont conservé ce droit local. Le Vendredi Saint est également férié dans certains DOM TOM ainsi que dans bon nombre de pays de tradition chrétienne protestante.

Nous remercions Claire pour cette contribution et lui donnons rendez-vous mercredi prochain, le 22 avril. 

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