MARS – En quarantaine !

En quarantaine !

Voilà un mot que nous entendons depuis des semaines. Et pourtant, il trouve son sens dans ce temps liturgique que nous appelons le Carême. Il s’agit bien d’un temps de mise à l’écart volontaire de la part du chrétien :

40 jours du jour des Cendres à Pâques,
40 jours pour réapprendre à prier à partager à jeûner

Encore faut-il que nous en ayons le désir. Cette mise à l’écart n’est pas une solitude mais une rencontre… Du côté de Dieu, pas de souci : il nous attend et nous cherche.

Or, cette année, le temps de Carême est pour nous catholiques de Singapour marqué par le manque, l’attente, l’obéissance.

Le manque

L’assemblée du dimanche est constituée par l’eucharistie. En d’autres termes, l’eucharistie construit l’assemblée le jour du Seigneur. Ainsi le manque que nous ressentons est comblé par la prière autour de la Parole de Dieu en famille ou avec des amis. Ou bien rendu absent parce qu’il est devenu un jour comme les autres.

L’attente

Le désir de se retrouver me fait découvrir que je suis membre d’une communauté, que je suis connu et reconnu.
L’attente est comblée par la prière du Notre Père que j’ai dit tous les midis pour rester en communion avec mes frères et sœurs. Ou rendue absente parce que même le frère rencontré à la messe reste un inconnu, un étranger.

L’obéissance

Nous devons obéir aux règles données par protéger les plus faibles, les personnes âgées. Être à l’écoute de l’Église diocésaine de Singapour qui nous a demandé de lui faire confiance dans la gestion de cette crise sanitaire.
Cette obéissance est acceptée parce que nous sommes des étrangers accueillis dans un pays qui n’est pas le nôtre ; nous savons rester à notre place.  Ou rendue absente parce que sentiment de supériorité que nous ressentons nous met au centre de tout.

Nul besoin de chercher à vivre autrement ce Carême. À chacun de nous de regarder personnellement comment nous vivons ce manque, cette attente, cette obéissance.

Quel visage ai-je donné au dimanche, au jour du seigneur ?
Me suis je retrouvé en famille avec des voisins ?
Ai-je été timide dans une invitation à me retrouver avec d’autres ?
Suis-je vraiment en communion avec les membres de ma communauté ou juste de passage ?
Vais-je répondre avec générosité aux associations qui me sollicitent, à donner pour la vie de la communauté ?

À très vite pour une fin de quarantaine qui ouvrira à un jaillissement de vie !

Père Patrick Portier,
aumônier des Communautés Catholiques Francophones de Singapour et de Kuala Lumpur

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